Numérotation Sosa-Stradonitz : l’expliquer à un enfant de dix ans

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Un enfant qui découvre l’arbre généalogique familial pose toujours la même question : « mais comment tu sais qui va où ? » La réponse tient en un système remarquablement simple, imaginé il y a plus d’un siècle par un généalogiste allemand, Stephan Kekulé von Stradonitz, et popularisé en France sous le nom de numérotation Sosa-Stradonitz.

Le principe : un numéro, une place

Tout part de soi, numéroté 1. Le père reçoit le numéro 2, la mère le numéro 3. Puis la règle ne change plus jamais : le père de la personne numéro n porte le numéro 2n, sa mère le numéro 2n+1. Le grand-père paternel devient donc le numéro 4, la grand-mère paternelle le numéro 5, le grand-père maternel le numéro 6, et ainsi de suite. Tous les hommes portent un numéro pair, toutes les femmes un numéro impair — un enfant retient cette règle en quelques minutes.

Pourquoi c’est utile, au-delà du jeu

Sur un arbre ascendant qui compte huit ou dix générations, des centaines de personnes peuvent apparaître. Sans numérotation, impossible de s’y retrouver ou de citer un ancêtre précisément dans ses notes. Avec elle, dire « Sosa 44 » suffit à désigner sans ambiguïté un individu et sa position exacte dans l’arbre, génération et branche comprises rien qu’au nombre de chiffres et à sa parité.

Le piège de l’implexe

Il arrive qu’un même ancêtre porte deux numéros Sosa différents : c’est ce qu’on appelle un implexe, et cela se produit quand deux cousins germains, ou des cousins plus éloignés, se sont mariés entre eux quelque part dans l’histoire familiale. La numérotation continue de fonctionner normalement, mais elle révèle alors, presque malgré elle, ces unions consanguines fréquentes dans les villages d’autrefois où l’on se mariait souvent entre voisins.

Un logiciel qui fait le calcul tout seul

Pas besoin de calculer chaque numéro à la main : des logiciels de généalogie comme Heredis, très répandu en France, attribuent automatiquement le numéro Sosa de chaque personne saisie et signalent même les cas d’implexe détectés dans l’arbre. Cela laisse plus de temps pour la partie la plus intéressante : raconter qui étaient réellement ces ancêtres, quel métier ils faisaient, où ils vivaient.

Pour transformer ces recherches en un objet que toute la famille peut feuilleter, l’idée du cahier de famille numérisé complète très bien un arbre construit avec ce système de numérotation.

La numérotation elle-même est décrite en détail sur Wikipédia, avec des schémas qui aident à visualiser la progression des numéros génération par génération.

Une bonne façon d’intéresser les plus jeunes

Demander à un enfant de calculer lui-même le numéro de son arrière-grand-père, à partir de la règle du double, transforme un exercice de mémoire en petit jeu de mathématiques. C’est souvent par ce genre de détail, plus que par de grands discours sur les ancêtres, que la curiosité généalogique se transmet vraiment à la génération suivante.

On peut même dessiner l’arbre ensemble sur une grande feuille, en écrivant le numéro Sosa à côté de chaque prénom retrouvé : l’enfant voit alors concrètement comment le nombre de cases double à chaque génération qu’on remonte, et pourquoi il devient vite impossible de tout retenir de mémoire au-delà de la sixième ou septième génération sans un système de ce genre.


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